mardi 31 janvier 2017

ECOLO a persisté hier : NON à l'arrestation administrative de mendiants


Comme prévu, le conseil communal de ce 30 janvier 2017 avait à l'ordre du jour une modification du règlement de police, permettant l'arrestation administrative des mendiants qui ne respectent pas ce règlement.

Le Parti Socialiste nous a d'abord tous surpris en présentant au vote des conseillers une proposition de délibération différente de celle figurant dans le dossier du conseil communal.  Nous avons dû prendre connaissance de ce nouveau texte lors de la séance avant de nous prononcer.  Sur le fond, les écologistes étaient heureux de voir apparaître une proposition de travail avec les acteurs sociaux de terrain et nous espérons vraiment que le parti socialiste ira plus loin dans cette direction. Par contre, comme nous l'avions déjà fait en 2013, nous avons voté contre ce nouveau règlement qui reste stigmatisant pour les mendiants et surtout parce que l'arrestation administrative reste bien inscrite parmi les mesures de répression prévues pour les "récalcitrants".  Voici l'intervention que j'ai réalisée au nom du groupe ECOLO :


"Mr Le Président,

Le constat que vous faites aujourd'hui est un constat de faillite, faillite d'un système mis sur pied depuis plusieurs années : vouloir à tout prix résoudre les problèmes d'incivilité, de dégradation de l'espace public à Tournai par des sanctions financières.

A plusieurs reprises, les écologistes ont marqué leur désapprobation face à ce système qui ne fonctionne pas et ont demandé que d'autres mesures soient prises pour améliorer « le vivre ensemble ». Aujourd'hui, Tournai est plus sale qu'hier. Aujourd'hui, Tournai est aussi plus déprimée qu'hier car les habitants, les commerçants, les personnes mal logées ou sans logis, nous tous, nous ne voyons pas comment améliorer la situation. Il n'y a pas que ceux que vous appelez « oisifs et SDF » ( quand on commence à parler des humains en abréviation, cela en dit long!) mais bien d'autres aussi qui contribuent à façonner cette ville moins gaie, moins propre où règne l'impression « qu'il ne fait plus bon vivre ».

Monsieur le Président, quand cela ne fonctionne pas, il faut s'arrêter, se poser les bonnes questions et se repositionner.

Aujourd'hui, c'est l'inverse que vous nous proposez : persister dans l'erreur en allant une étape plus loin, dans la répression qui ne fonctionne pas.

Tournai sort aujourd'hui d'une « merveilleuse semaine qui dérange », mais sur écran seulement !. Pa contre, dans les rues de Tournai, au quotidien, nous sommes tous dérangés. Dérangés parce qu'il fait sale, dérangés parce qu'il y a des gens « qui traînent en rue », dérangés parce qu'il y a des gens qui nous dérangent en nous accostant. Mais heureusement, dérangés aussi parce qu'il y a des gens dehors et qu'il fait froid, qu'il fait humide. Dérangés parce qu'on sait que la petite pièce qu'on donne ne va rien changer à leur vie, ni changer notre vie et notre regard sur eux.

Alors, la réaction la plus immédiate, c'est de passer à autre chose : on en a marre d'être dérangés, alors débarrassons-nous de ce tableau qui nous dérange. C'est un peu cela qu'on nous propose aujourd'hui. L'espoir secret étant qu'en dérangeant un maximum ces gens « qui envahissent » notre espace public, ils partiront. Ils iront ailleurs « squatter l'espace public » d'autres citoyens pour que nos vies reprennent un cours qu'on pense plus normal à Tournai. Pourtant, la saleté en ville, les petites bastons sur les quais, le bruit qui dérange la nuit à Tournai, ce ne sera pas terminé parce que ces gens auront quitté le pavé tournaisien.

Aujourd'hui, Monsieur le Président, nous vous invitons à ne pas aller plus loin dans une voie sans issue. Nous vous proposons de nous arrêter, de nous questionner, pour mieux comprendre comment vit notre ville : ce qui ne va pas mais aussi ce qui va mieux et ce qui pourrait aller mieux par quelques mesures simples ou plus élaborées.

Pour avancer vers des améliorations du vivre ensemble, pas vers LA solution car ce qui est trop simple en devient simpliste, nous devons d'abord comprendre ce qui se passe aujourd'hui à Tournai.

Certains nous disent qu'il y a plus de « oisifs » (comme vous les appelez) à Tournai que dans d'autres centres-ville. Beaucoup affirment qu'il fait bien plus sale à Tournai qu'ailleurs. D'autres disent le contraire. D'autres veulent croire qu'il fait bon vivre à Tournai sans trop de certitude.

C'est donc le moment d'approfondir l'analyse de la situation et de mettre tout le monde ensemble pour comprendre la situation mais aussi pour « découvrir » ensemble des pistes d'amélioration.

Le SAIS qui effectue un travail de rue, l'accompagne d'une réflexion sur la situation en ville.. Le relais social urbain a fait un travail d'enquête afin de déterminer les besoins en accueil de jour et de nuit à Tournai. On peut donc partir de ces travaux et élargir la réflexion à tous les acteurs de terrain, en réalisant de véritables états-généraux du social, comme on l'a déjà fait pour la culture. ECOLO a fait cette proposition à plusieurs reprises. Ce travail nécessitera l'aide d'experts extérieurs pour donner une méthode de travail et accompagner ceux qui s'engageront dans cette démarche.

Et l'analyse qu'on ferait chez nous pourrait aider d'autres villes à avancer vers des améliorations du vivre ensemble sur l'espace public car, après tout, la situation tournaisienne n'est pas si différente de la situation dans d'autres villes."

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