lundi 27 mars 2017

La sécurité des Tournaisien(ne)s : comment et à quel prix?

Le conseil communal de Tournai s'est prononcé hier sur le développement de la vidéosurveillance couplé au wifi urbain dans le centre-ville.
Aux yeux d'ECOLO, l'investissement est disproportionné par rapport aux problèmes d'insécurité dans notre ville.  Nous craignons que le budget qui y est consacré explose dans les prochaines années et empêche de développer d'autres politiques de sécurité notamment.

Voici l'intervention de notre groupe hier soir :


"Le Collège nous propose d'installer 75 caméras de surveillance dans le centre-ville, dans le périmètre dit festif et le parc communal.

Pour nous, les caméras forment un élément de la chaîne de la sécurité et ne doivent pas en être le chaînon essentiel. La police est avant tout composée de personnes formées à assurer la sécurité, qui peuvent être aidées dans leur mission par des outils techniques . La présence de caméras peut aider à la résolution d'enquêtes, c'est donc une aide intéressante pour les enquêteurs

L'investissement que vous nous proposez aujourd'hui est problématique pour le budget communal  :
     1,8 millions d'euros (ESTIMATION car le coût de la technologie augmente très rapidement) pour l'installation des caméras et points wifi
    maintenance  estimée à 50 000 jusqu'à 70 000 euros/an
    coût en personnel important mais pas chiffré aujourd'hui

Le poids pour le budget de la commune reste donc impressionnant mais incertain. Il  dépend notamment de l'installation d'un sytème de visualisation. Le coût a été estimé en tenant compte de l'installation de celui-ci dans le commissariat actuel ou à l'hôtel de ville mais pas dans le nouveau commissariat prévu par le conseil de police. Avez-vous réalisé une telle estimation aujourd'hui  ? Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet  ?

Le coût global ne précise pas non plus si le système de visualisation se déroulera 24h/24 et combien de personnes y seront affectées en fonction de ce choix .

Toutes ces incertitudes nous font craindre une explosion de ce budget entièrement à charge de la Ville de Tournai.

Les caméras sur l'espace public peuvent jouer un rôle de dissuasion mais de manière limitée : nous savons que les délinquants adaptent leur comportement à la présence de caméras et que la criminalité se déplace lorsque des caméras de surveillance sont installées en ville.

Nous restons sceptiques face à cet important déploiement.  Au vu du déplacement possible des actes criminels, il faudra en augmenter le nombre assez vite et le budget risque d'exploser.

 En 2013 ,lorsque le conseil a commandé l'étude de faisabilité à Tournai., le groupe ECOLO s'est abstenu car nous restons très réticents à la présence de caméras partout, qui contrôlent tous les déplacements sur l'espace public. La réflexion de notre groupe nous amène à ne pas défendre aujourd'hui une position idéologique pure et dure : NON à l'atteinte de notre vie privée par l'installation de caméras qui pistent les citoyen(ne)s partout et tout le temps. A l'heure d'internet, des réseaux sociaux, notre vie privée est bien souvent mise à mal .


Quelques caméras fixes à des endroits ciblés en fonction d'actes délictueux importants   (bagarres, coups et blessures, vandalisme) nous semblent convenir à une ville comme Tournai.  Comme disaient nos anciens maïeurs, Roger Delcroix et Christian Massy, «  Tournai n'est quand même pas Chicago  » Ce dispositif pourrait être renforcé, comme le préconise le commissaire divisionnaire, par quelques caméras mobiles utilisées en cas d'événements exceptionnels ou dans les quartiers non couverts par les caméras où se développent des comportements délictueux.

Quant au réseau wifi couplé au réseau de caméras, ECOLO a insisté à deux reprises sur le caractère dépassé du wifi urbain: les gens qui circulent en ville utilisent en grande majorité le réseau 3G et 4G pour se connecter.   Quelques points de wifi gratuits à l'intérieur de bâtiments publics répondent mieux aux besoins des utilisateurs.

Quant à l'investissement dans un système de visualisation en direct, il nous semble largement exagéré dans une ville moyenne comme la nôtre. Non seulement, pister tout le monde, tout le temps, reste une atteinte à la vie privée. Mais, en plus, est-ce vraiment efficace? Il faut que l'intervention soit rapide sur le terrain. En  avons-nous les moyens?   NON, il faudrait engager un nombre important de personnes pour le centre de visualisation et multiplier les équipes mobiles de policiers d'intervention, notamment durant la nuit et le we pour réagir très vite.

Nous nous interrogeons également sur les possibilités d'extension du système,évoquées dans votre note  : aide à la détection de problèmes d'éclairage ou de signalisation déficiente, d'incivilités comme les déjections canines, les sacs poubelles  : cela fait un peu gadget technologique  !

Nous sommes aussi étonnés que vous préconisiez la visualisation par caméras pour contrecarrer le parking en infraction en ville  . Nos policiers de quartier et  agents constatateurs attendent-ils le déploiement des caméras pour agir  ? Pour ECOLO, ce n'est pas acceptable.

Quant à l'aide à la gestion du trafic automobile, n'est-ce pas aussi un peu exagéré dans une ville moyenne comme la nôtre  ? . Tournai, c'est un boulevard de ceinture saturé aux heures de pointe et quelques radiales qui viennent s'y accrocher . Si vous mettez très vite en oeuvre, le plan de mobilité, ces problèmes se résoudront, notamment, par l'encouragement à l'utilisation d'autres modes de transport.

Au vu de tous ces éléments, nous préconisons que Tournai se dote d'un réseau bien pensé mais limité de caméras urbaines fixes et de quelques caméras mobiles et non d'un système de visualisation en direct, qui ferait exploser le budget «  sécurité  » , sans pour cela être réellement efficace. Ce budget épargné pourrait être efficacement affecté à des emplois de proximité utiles au vivre ensemble dans la cité.

Nous préférons qu'on déploie plus d'agents dans les quartiers pour diminuer les problèmes d'incivilité et les  comportements problématiques  : des agents qui doivent être présents sur le terrain, proches des habitants et non occupés à des tâches administratives.

La position écologiste est partagée, par la maire socialiste, de la grande Ville, de l'Eurométropole  :   : «  Martine Aubry rappelle son credo  : «   Rien ne remplace la présence policière au contact direct de la délinquance.  » Elle en veut pour preuve «   l’absence d’efficacité probante de la vidéosurveillance sur le secteur de la rue Jules-Guesde   », à Wazemmes. Un sévère bilan pour ces huit caméras installées depuis un an.  »  Extrait de La Voix du Nord du 26 mars 2017)

A côté de ces agents de police, le déploiement d'éducateurs de rue, et le renforcement d'autres dispositifs sociaux amélioreraient aussi grandement le bien-être dans les quartiers urbains "








dimanche 12 mars 2017

Fête de l'APIC, Tournai fête sa ruralité

L'APIC, c'est quoi ça?  Une association de villageois de Marquain, Blandain, Lamain, Hertain qui veulent faire vivre l'esprit de la vie rurale et protéger les paysages ruraux dans les villages de l'entité tournaisienne.

La fête de l'APIC, cette année, c'est aussi la fête du retour du printemps.

Tournai a souvent oublié qu'elle était une grande commune rurale, en mettant l'accent surtout sur la ville et son riche patrimoine.



L'entrée dans le parc naturel des plaines de l'Escaut peut marquer un changement de vision des responsables politiques tournaisiens face à sa composante rurale.  La Ville invite les habitants à venir donner leur vision de la vie rurale, profitez-en pour donner votre avis!












Alors, oui, l'APIC a raison de fêter l'arrivée du printemps dans les villages et de rappeler que Tournai est une riche et magnifique commune rurale.








jeudi 9 mars 2017

Intercommunales, stop ou encore?

Faut-il supprimer les intercommunales ou les réformer?  On peut se poser la question aujourd'hui au vu des scandales qui éclatent un peu partout.

"Intercommunaliser "n'est pas scandaleux en soi, bien au contraire, c'est plutôt le signe d'une réelle vision du développement économique et social, au-delà des frontières d'une commune(pour les intercommunales de développement économique). C'est aussi le signe d'une bonne gestion par des investissements intelligents pour améliorer le service au public (hôpitaux, stations d'épuration, distribution d'eau, d'électricité;..)

Alors, comment expliquer les dérives dans la gestion d'intercommunales?

Parce que les élus , qui devraient se préoccuper uniquement de l'intérêt général, ont confondu celui-ci avec l'intérêt de leurs électeurs, de leur parti, et aussi Leur intérêt propre.


Le réflexe sous-localiste refait très vite surface.  De mon expérience au conseil d'administration  d'IDETA,  j'ai constaté que la plupart des élus communaux viennent y défendre, l'un sa zone industrielle, l'autre son port fluvial et le troisième sa grand-place.  Les élus administrateurs veulent partager "le gâteau" des subventions européennes et wallonnes et non réaliser des projets ayant une vision supracommunale, tenant compte des atouts de leur région.

C'est malheureusement fréquent dans les  sociétés publiques où des élus locaux sont administrateurs :  ils ne parviennent pas à s'extraire de leur localité. Ils pensent à leur commune, et surtout à leurs électeurs. La ligne d'horizon pour beaucoup d'élus communaux, c'est la prochaine échéance électorale : le développement durable des élus compte plus à leurs yeux que celui de leur région !

Une autre raison erronée d'adhérer à une intercommunale est la recherche à tout prix d'un retour financier pour la commune, souvent sous forme de dividendes. On mutualise les investissements pour le bien public mais, paradoxalement, on recherche surtout des dividendes pour la caisse communale. Cela n'a pas de sens : les intercommunales ne sont pas des sociétés de placements financiers pour la caisse communale.  Pour répondre à la demande des communes, les intercommunales se lancent dans des placements aventureux afin d'obtenir un rendement purement financier, qui n'est pas nécessairement en accord avec la défense du service public  (comme l'a fait Publifin notamment mais aussi Ideta en Wallonie Picarde).

Les intercommunales, comme beaucoup d'entreprises publiques, sont des places fortes occupées par les partis traditionnels afin de "se partager" les postes à responsabilités. Dans ces citadelles, les partis peuvent "recaser" ceux qui n'ont pas réussi l'examen "devant l'électeur" lors d'une rencontre électorale. : un député non réélu, un ami politique qui "a laissé sa place" et reçoit en compensation une présidence d'intercommunale.  Les partis traditionnels "gardent au chaud" quelques postes d'administrateurs, de présidents,  de vice-présidents, de présidents de secteur,  pour partager le gâteau des rémunérations liées à ces postes. Et  n'oublions pas les postes d'experts dévolus aux anciens présidents après qu'ils aient laissé leur place aux plus jeunes!

Ce sont les principales dérives qui détournent les intercommunales des objectifs louables pour lesquels elles ont été créées.

Alors, non, je ne suis pas surprise des excès dénoncés aujourd'hui, qui vont  jusqu'à payer des personnes à ne rien faire. Quand on s'éloigne à ce point des objectifs fondateurs, on peut s'attendre à ce que le navire prenne un tout autre cap, loin de l'intérêt public : les capitaines aux commandes ayant totalement oublié leur mission initiale.

Quand ECOLO était à la manœuvre au niveau régional (entre 1999 et 2004 et entre 2009 et 2014),  j'ai fait partie d'un groupe de travail qui réfléchissait à redessiner le paysage  intercommunal wallon : créer des communautés de commune (en lieu et place des provinces), remplacer les intercommunales de développement économique par des agences de développement régional , mener une politique de la distribution d'énergie , d'épuration de l'eau, de gestion des déchets au niveau de la région wallonne....

Toutes ces réflexions prennent la poussière dans les armoires écologistes car les autres partis politiques n'étaient pas prêts à mener cette réflexion qui remet en cause le fonctionnement des intercommunales.

Mais le sont-ils aujourd'hui?  Je le souhaite vivement mais je n'en suis pas certaine.  Oui, ils reverront ces rémunérations scandaleuses mais à part cela, va-t-on vraiment vers une réforme en profondeur de la gestion et des politiques menées en Région Wallonnes?
N'ont-ils pas simplement l'intention de laisser passer l'orage avant de reprendre les bonnes vieilles mauvaises habitudes de gestion? Nous le saurons dans quelques mois.