mercredi 5 avril 2017

Ruinons les plans de Monsanto

Il y a quelques mois déjà que Bayer et Monsanto ont convolé en juste noces !


  Leur lune de miel pourrait se terminer en cauchemar mais pour eux  seulement!  Car pour nos enfants et nos petits-enfants, ce serait la promesse d'une terre plus vivable!

Sauvons notre terre des produits dangereux de Bayer- Monsanto!

Aujourd'hui, nous pouvons le faire !








Comme moi, n'hésitez pas, signez  cette pétition


Si un million de citoyens européens signent cette pétition officielle, l’ingrédient actif préféré de Monsanto, le glyphosate, pourrait être mis définitivement hors-jeu !

On a presque dépassé les 600.000 signataires, chaque voix est cruciale pour atteindre notre but ultime: interdire le pesticide préféré de Monsanto.



lundi 27 mars 2017

La sécurité des Tournaisien(ne)s : comment et à quel prix?

Le conseil communal de Tournai s'est prononcé hier sur le développement de la vidéosurveillance couplé au wifi urbain dans le centre-ville.
Aux yeux d'ECOLO, l'investissement est disproportionné par rapport aux problèmes d'insécurité dans notre ville.  Nous craignons que le budget qui y est consacré explose dans les prochaines années et empêche de développer d'autres politiques de sécurité notamment.

Voici l'intervention de notre groupe hier soir :


"Le Collège nous propose d'installer 75 caméras de surveillance dans le centre-ville, dans le périmètre dit festif et le parc communal.

Pour nous, les caméras forment un élément de la chaîne de la sécurité et ne doivent pas en être le chaînon essentiel. La police est avant tout composée de personnes formées à assurer la sécurité, qui peuvent être aidées dans leur mission par des outils techniques . La présence de caméras peut aider à la résolution d'enquêtes, c'est donc une aide intéressante pour les enquêteurs

L'investissement que vous nous proposez aujourd'hui est problématique pour le budget communal  :
     1,8 millions d'euros (ESTIMATION car le coût de la technologie augmente très rapidement) pour l'installation des caméras et points wifi
    maintenance  estimée à 50 000 jusqu'à 70 000 euros/an
    coût en personnel important mais pas chiffré aujourd'hui

Le poids pour le budget de la commune reste donc impressionnant mais incertain. Il  dépend notamment de l'installation d'un sytème de visualisation. Le coût a été estimé en tenant compte de l'installation de celui-ci dans le commissariat actuel ou à l'hôtel de ville mais pas dans le nouveau commissariat prévu par le conseil de police. Avez-vous réalisé une telle estimation aujourd'hui  ? Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet  ?

Le coût global ne précise pas non plus si le système de visualisation se déroulera 24h/24 et combien de personnes y seront affectées en fonction de ce choix .

Toutes ces incertitudes nous font craindre une explosion de ce budget entièrement à charge de la Ville de Tournai.

Les caméras sur l'espace public peuvent jouer un rôle de dissuasion mais de manière limitée : nous savons que les délinquants adaptent leur comportement à la présence de caméras et que la criminalité se déplace lorsque des caméras de surveillance sont installées en ville.

Nous restons sceptiques face à cet important déploiement.  Au vu du déplacement possible des actes criminels, il faudra en augmenter le nombre assez vite et le budget risque d'exploser.

 En 2013 ,lorsque le conseil a commandé l'étude de faisabilité à Tournai., le groupe ECOLO s'est abstenu car nous restons très réticents à la présence de caméras partout, qui contrôlent tous les déplacements sur l'espace public. La réflexion de notre groupe nous amène à ne pas défendre aujourd'hui une position idéologique pure et dure : NON à l'atteinte de notre vie privée par l'installation de caméras qui pistent les citoyen(ne)s partout et tout le temps. A l'heure d'internet, des réseaux sociaux, notre vie privée est bien souvent mise à mal .


Quelques caméras fixes à des endroits ciblés en fonction d'actes délictueux importants   (bagarres, coups et blessures, vandalisme) nous semblent convenir à une ville comme Tournai.  Comme disaient nos anciens maïeurs, Roger Delcroix et Christian Massy, «  Tournai n'est quand même pas Chicago  » Ce dispositif pourrait être renforcé, comme le préconise le commissaire divisionnaire, par quelques caméras mobiles utilisées en cas d'événements exceptionnels ou dans les quartiers non couverts par les caméras où se développent des comportements délictueux.

Quant au réseau wifi couplé au réseau de caméras, ECOLO a insisté à deux reprises sur le caractère dépassé du wifi urbain: les gens qui circulent en ville utilisent en grande majorité le réseau 3G et 4G pour se connecter.   Quelques points de wifi gratuits à l'intérieur de bâtiments publics répondent mieux aux besoins des utilisateurs.

Quant à l'investissement dans un système de visualisation en direct, il nous semble largement exagéré dans une ville moyenne comme la nôtre. Non seulement, pister tout le monde, tout le temps, reste une atteinte à la vie privée. Mais, en plus, est-ce vraiment efficace? Il faut que l'intervention soit rapide sur le terrain. En  avons-nous les moyens?   NON, il faudrait engager un nombre important de personnes pour le centre de visualisation et multiplier les équipes mobiles de policiers d'intervention, notamment durant la nuit et le we pour réagir très vite.

Nous nous interrogeons également sur les possibilités d'extension du système,évoquées dans votre note  : aide à la détection de problèmes d'éclairage ou de signalisation déficiente, d'incivilités comme les déjections canines, les sacs poubelles  : cela fait un peu gadget technologique  !

Nous sommes aussi étonnés que vous préconisiez la visualisation par caméras pour contrecarrer le parking en infraction en ville  . Nos policiers de quartier et  agents constatateurs attendent-ils le déploiement des caméras pour agir  ? Pour ECOLO, ce n'est pas acceptable.

Quant à l'aide à la gestion du trafic automobile, n'est-ce pas aussi un peu exagéré dans une ville moyenne comme la nôtre  ? . Tournai, c'est un boulevard de ceinture saturé aux heures de pointe et quelques radiales qui viennent s'y accrocher . Si vous mettez très vite en oeuvre, le plan de mobilité, ces problèmes se résoudront, notamment, par l'encouragement à l'utilisation d'autres modes de transport.

Au vu de tous ces éléments, nous préconisons que Tournai se dote d'un réseau bien pensé mais limité de caméras urbaines fixes et de quelques caméras mobiles et non d'un système de visualisation en direct, qui ferait exploser le budget «  sécurité  » , sans pour cela être réellement efficace. Ce budget épargné pourrait être efficacement affecté à des emplois de proximité utiles au vivre ensemble dans la cité.

Nous préférons qu'on déploie plus d'agents dans les quartiers pour diminuer les problèmes d'incivilité et les  comportements problématiques  : des agents qui doivent être présents sur le terrain, proches des habitants et non occupés à des tâches administratives.

La position écologiste est partagée, par la maire socialiste, de la grande Ville, de l'Eurométropole  :   : «  Martine Aubry rappelle son credo  : «   Rien ne remplace la présence policière au contact direct de la délinquance.  » Elle en veut pour preuve «   l’absence d’efficacité probante de la vidéosurveillance sur le secteur de la rue Jules-Guesde   », à Wazemmes. Un sévère bilan pour ces huit caméras installées depuis un an.  »  Extrait de La Voix du Nord du 26 mars 2017)

A côté de ces agents de police, le déploiement d'éducateurs de rue, et le renforcement d'autres dispositifs sociaux amélioreraient aussi grandement le bien-être dans les quartiers urbains "








dimanche 12 mars 2017

Fête de l'APIC, Tournai fête sa ruralité

L'APIC, c'est quoi ça?  Une association de villageois de Marquain, Blandain, Lamain, Hertain qui veulent faire vivre l'esprit de la vie rurale et protéger les paysages ruraux dans les villages de l'entité tournaisienne.

La fête de l'APIC, cette année, c'est aussi la fête du retour du printemps.

Tournai a souvent oublié qu'elle était une grande commune rurale, en mettant l'accent surtout sur la ville et son riche patrimoine.



L'entrée dans le parc naturel des plaines de l'Escaut peut marquer un changement de vision des responsables politiques tournaisiens face à sa composante rurale.  La Ville invite les habitants à venir donner leur vision de la vie rurale, profitez-en pour donner votre avis!












Alors, oui, l'APIC a raison de fêter l'arrivée du printemps dans les villages et de rappeler que Tournai est une riche et magnifique commune rurale.








jeudi 9 mars 2017

Intercommunales, stop ou encore?

Faut-il supprimer les intercommunales ou les réformer?  On peut se poser la question aujourd'hui au vu des scandales qui éclatent un peu partout.

"Intercommunaliser "n'est pas scandaleux en soi, bien au contraire, c'est plutôt le signe d'une réelle vision du développement économique et social, au-delà des frontières d'une commune(pour les intercommunales de développement économique). C'est aussi le signe d'une bonne gestion par des investissements intelligents pour améliorer le service au public (hôpitaux, stations d'épuration, distribution d'eau, d'électricité;..)

Alors, comment expliquer les dérives dans la gestion d'intercommunales?

Parce que les élus , qui devraient se préoccuper uniquement de l'intérêt général, ont confondu celui-ci avec l'intérêt de leurs électeurs, de leur parti, et aussi Leur intérêt propre.


Le réflexe sous-localiste refait très vite surface.  De mon expérience au conseil d'administration  d'IDETA,  j'ai constaté que la plupart des élus communaux viennent y défendre, l'un sa zone industrielle, l'autre son port fluvial et le troisième sa grand-place.  Les élus administrateurs veulent partager "le gâteau" des subventions européennes et wallonnes et non réaliser des projets ayant une vision supracommunale, tenant compte des atouts de leur région.

C'est malheureusement fréquent dans les  sociétés publiques où des élus locaux sont administrateurs :  ils ne parviennent pas à s'extraire de leur localité. Ils pensent à leur commune, et surtout à leurs électeurs. La ligne d'horizon pour beaucoup d'élus communaux, c'est la prochaine échéance électorale : le développement durable des élus compte plus à leurs yeux que celui de leur région !

Une autre raison erronée d'adhérer à une intercommunale est la recherche à tout prix d'un retour financier pour la commune, souvent sous forme de dividendes. On mutualise les investissements pour le bien public mais, paradoxalement, on recherche surtout des dividendes pour la caisse communale. Cela n'a pas de sens : les intercommunales ne sont pas des sociétés de placements financiers pour la caisse communale.  Pour répondre à la demande des communes, les intercommunales se lancent dans des placements aventureux afin d'obtenir un rendement purement financier, qui n'est pas nécessairement en accord avec la défense du service public  (comme l'a fait Publifin notamment mais aussi Ideta en Wallonie Picarde).

Les intercommunales, comme beaucoup d'entreprises publiques, sont des places fortes occupées par les partis traditionnels afin de "se partager" les postes à responsabilités. Dans ces citadelles, les partis peuvent "recaser" ceux qui n'ont pas réussi l'examen "devant l'électeur" lors d'une rencontre électorale. : un député non réélu, un ami politique qui "a laissé sa place" et reçoit en compensation une présidence d'intercommunale.  Les partis traditionnels "gardent au chaud" quelques postes d'administrateurs, de présidents,  de vice-présidents, de présidents de secteur,  pour partager le gâteau des rémunérations liées à ces postes. Et  n'oublions pas les postes d'experts dévolus aux anciens présidents après qu'ils aient laissé leur place aux plus jeunes!

Ce sont les principales dérives qui détournent les intercommunales des objectifs louables pour lesquels elles ont été créées.

Alors, non, je ne suis pas surprise des excès dénoncés aujourd'hui, qui vont  jusqu'à payer des personnes à ne rien faire. Quand on s'éloigne à ce point des objectifs fondateurs, on peut s'attendre à ce que le navire prenne un tout autre cap, loin de l'intérêt public : les capitaines aux commandes ayant totalement oublié leur mission initiale.

Quand ECOLO était à la manœuvre au niveau régional (entre 1999 et 2004 et entre 2009 et 2014),  j'ai fait partie d'un groupe de travail qui réfléchissait à redessiner le paysage  intercommunal wallon : créer des communautés de commune (en lieu et place des provinces), remplacer les intercommunales de développement économique par des agences de développement régional , mener une politique de la distribution d'énergie , d'épuration de l'eau, de gestion des déchets au niveau de la région wallonne....

Toutes ces réflexions prennent la poussière dans les armoires écologistes car les autres partis politiques n'étaient pas prêts à mener cette réflexion qui remet en cause le fonctionnement des intercommunales.

Mais le sont-ils aujourd'hui?  Je le souhaite vivement mais je n'en suis pas certaine.  Oui, ils reverront ces rémunérations scandaleuses mais à part cela, va-t-on vraiment vers une réforme en profondeur de la gestion et des politiques menées en Région Wallonnes?
N'ont-ils pas simplement l'intention de laisser passer l'orage avant de reprendre les bonnes vieilles mauvaises habitudes de gestion? Nous le saurons dans quelques mois.









mardi 21 février 2017

Etre piéton à Tournai c'est accepter de vivre dangereusement!

C'est ainsi que j'ai présenté au Collège et à mes collègues du conseil communal ce lundi 20 février les quelques clichés que j'avais réalisés la semaine dernière en ville ou quelques semaines plus tôt.


Franchement, j'ai souvent peur d'être fauchée par une voiture en ville  mais cela devient une véritable angoisse quand je promène ma petite fille en poussette ou avec ma maman à mobilité réduite.

L'échevin de la mobilité m'a confirmé que les entreprises de chantiers publics devaient prévoir un couloir sécurisé pour le déplacement des piétons aux abords de chantiers et que la police pouvait verbaliser les entrepreneurs lorsqu'ils ne réalisaient pas les aménagements de sécurité indispensables.



j'ai ajouté qu'il existait de nombreux endroits à Tournai où régnait une insécurité totale pour les piétons et usagers à mobilité réduite (trottoirs glissants ou éventrés, trop en pente, trop étroits pour s'y déplacer en voiturette .....)

Si vous connaissez de tels endroits, et la liste est longue, n'hésitez pas à m'en faire part et je relaierai cette info afin que cela change enfin réellement à Tournai pour les usagers dits "faibles" et à " à mobilité réduite".
piéton sur une bande sécurisée près d'un chantier c'est donc possible à réaliser!

Rions un peu : près de l'entrée de l'hôtel de ville !






jeudi 9 février 2017

chronique de désastres sociaux annoncés

En ce début d'année 2017,  ce sont déjà  deux désastres sociaux annoncés par des chaînes de magasin en Belgique :Eram    et   Blokker .

Comment expliquer ces saignées qui feront mal aux travailleur(se)s belges dans les prochains mois?

Partout, on voit fleurir de nouvelles zones commerciales. Les anciennes zones commerciales  font peu neuve, se font belles pour accueillir de nouvelles enseignes.

Près de chez nous, à  Mons, à Mouscron et à Tournai, des hommes et des femmes politiques se réjouissent  un peu vite en annonçant les centaines d'emplois qui seront créés dans ces "retail parks" nouveau style.

Mais quels emplois?  Souvent, des emplois mal payés et surtout non durables. Des emplois créés là pour en retirer ailleurs.


Pourquoi? Nous le constatons tous, chaque jour, notre pouvoir d'achat n'est pas à la fête. En Belgique, comme en Europe d'ailleurs, les consommateurs, au portemonnaie resserré, ne dépensent pas sans compter. De plus, la conjoncture économique les rend plus prudents encore.  Ils craignent pour leur avenir, pour celui de leurs enfants.  Et quand un portefeuille se vide, on a beau créer des magasins plus attrayants, on ne dépensera pas plus pour cela.  Si on achète dans un nouveau zoning, on s'abstiendra de faire des emplettes ailleurs.

C'est pour cela que le centre-ville de Tournai connaît une véritable catastrophe sociale. Les rues commerçantes ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes et se désertifient.  Les commerçants survivants s'empressent de chercher un emplacement là où ils pensent qu'est leur avenir, dans les nouveaux centres commerciaux.  Mais pour eux aussi, la désillusion se fera sentir, tôt ou tard, face au coût élevé des emplacements, et surtout à la diminution du pouvoir d'achat des consommateurs.

A Tournai, j'ai toujours dénoncé l'extension des Bastions, une zone commerciale, concurrente directe du centre-ville à cause du peu de distance qui les sépare.  Mais la situation aujourd'hui m'apparaît plus  grave que celle que je craignais.

Non seulement, des emplois se perdent dans le centre-ville mais même au sein des zones commerciales, les pertes d'emplois sont annoncées.

Aurons-nous, dans quelques années, des chancres commerciaux aux abords de nos villes, après les chancres créés par la désindustrialisation ?

Ces restructurations dans le secteur commercial ne sont-elles que passagères ou marquent-elles le début d'une période noire pour les chaînes commerciales?

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvaise augure, je crains fort que ce phénomène s'amplifiera dans les mois et les années à venir.  En effet, pourquoi certaines chaînes s'implantent-elles dans un  zoning où elles n'étaient pas encore présentes? Elles s'y installent simplement pour éliminer les concurrents qui se trouvent dans cette même zone ou à proximité.  C'est le cas notamment d'une chaîne d'articles de sport qui s'est installée à Tournai récemment.  Mais en menant une guerre commerciale permanente entr'elles, ces chaînes de magasins obligent les "plus faibles" à plier bagage et à fermer leur magasin.  C'est une situation qu'on retrouve un peu partout.

Alors, au lieu de crier victoire, à chaque ouverture d'une nouvelle enseigne dans un centre commercial, je crois vraiment que le rôle des politiques est de soutenir les acteurs économiques qui font réellement vivre une région et qui n'ont pas l'ambition de délocaliser à la moindre occasion.

Soutenons les producteurs locaux, soutenons les petits commerçants locaux afin qu'ils puissent, eux, créer de l'emploi durable dans notre région.







mardi 31 janvier 2017

ECOLO a persisté hier : NON à l'arrestation administrative de mendiants


Comme prévu, le conseil communal de ce 30 janvier 2017 avait à l'ordre du jour une modification du règlement de police, permettant l'arrestation administrative des mendiants qui ne respectent pas ce règlement.

Le Parti Socialiste nous a d'abord tous surpris en présentant au vote des conseillers une proposition de délibération différente de celle figurant dans le dossier du conseil communal.  Nous avons dû prendre connaissance de ce nouveau texte lors de la séance avant de nous prononcer.  Sur le fond, les écologistes étaient heureux de voir apparaître une proposition de travail avec les acteurs sociaux de terrain et nous espérons vraiment que le parti socialiste ira plus loin dans cette direction. Par contre, comme nous l'avions déjà fait en 2013, nous avons voté contre ce nouveau règlement qui reste stigmatisant pour les mendiants et surtout parce que l'arrestation administrative reste bien inscrite parmi les mesures de répression prévues pour les "récalcitrants".  Voici l'intervention que j'ai réalisée au nom du groupe ECOLO :


"Mr Le Président,

Le constat que vous faites aujourd'hui est un constat de faillite, faillite d'un système mis sur pied depuis plusieurs années : vouloir à tout prix résoudre les problèmes d'incivilité, de dégradation de l'espace public à Tournai par des sanctions financières.

A plusieurs reprises, les écologistes ont marqué leur désapprobation face à ce système qui ne fonctionne pas et ont demandé que d'autres mesures soient prises pour améliorer « le vivre ensemble ». Aujourd'hui, Tournai est plus sale qu'hier. Aujourd'hui, Tournai est aussi plus déprimée qu'hier car les habitants, les commerçants, les personnes mal logées ou sans logis, nous tous, nous ne voyons pas comment améliorer la situation. Il n'y a pas que ceux que vous appelez « oisifs et SDF » ( quand on commence à parler des humains en abréviation, cela en dit long!) mais bien d'autres aussi qui contribuent à façonner cette ville moins gaie, moins propre où règne l'impression « qu'il ne fait plus bon vivre ».

Monsieur le Président, quand cela ne fonctionne pas, il faut s'arrêter, se poser les bonnes questions et se repositionner.

Aujourd'hui, c'est l'inverse que vous nous proposez : persister dans l'erreur en allant une étape plus loin, dans la répression qui ne fonctionne pas.

Tournai sort aujourd'hui d'une « merveilleuse semaine qui dérange », mais sur écran seulement !. Pa contre, dans les rues de Tournai, au quotidien, nous sommes tous dérangés. Dérangés parce qu'il fait sale, dérangés parce qu'il y a des gens « qui traînent en rue », dérangés parce qu'il y a des gens qui nous dérangent en nous accostant. Mais heureusement, dérangés aussi parce qu'il y a des gens dehors et qu'il fait froid, qu'il fait humide. Dérangés parce qu'on sait que la petite pièce qu'on donne ne va rien changer à leur vie, ni changer notre vie et notre regard sur eux.

Alors, la réaction la plus immédiate, c'est de passer à autre chose : on en a marre d'être dérangés, alors débarrassons-nous de ce tableau qui nous dérange. C'est un peu cela qu'on nous propose aujourd'hui. L'espoir secret étant qu'en dérangeant un maximum ces gens « qui envahissent » notre espace public, ils partiront. Ils iront ailleurs « squatter l'espace public » d'autres citoyens pour que nos vies reprennent un cours qu'on pense plus normal à Tournai. Pourtant, la saleté en ville, les petites bastons sur les quais, le bruit qui dérange la nuit à Tournai, ce ne sera pas terminé parce que ces gens auront quitté le pavé tournaisien.

Aujourd'hui, Monsieur le Président, nous vous invitons à ne pas aller plus loin dans une voie sans issue. Nous vous proposons de nous arrêter, de nous questionner, pour mieux comprendre comment vit notre ville : ce qui ne va pas mais aussi ce qui va mieux et ce qui pourrait aller mieux par quelques mesures simples ou plus élaborées.

Pour avancer vers des améliorations du vivre ensemble, pas vers LA solution car ce qui est trop simple en devient simpliste, nous devons d'abord comprendre ce qui se passe aujourd'hui à Tournai.

Certains nous disent qu'il y a plus de « oisifs » (comme vous les appelez) à Tournai que dans d'autres centres-ville. Beaucoup affirment qu'il fait bien plus sale à Tournai qu'ailleurs. D'autres disent le contraire. D'autres veulent croire qu'il fait bon vivre à Tournai sans trop de certitude.

C'est donc le moment d'approfondir l'analyse de la situation et de mettre tout le monde ensemble pour comprendre la situation mais aussi pour « découvrir » ensemble des pistes d'amélioration.

Le SAIS qui effectue un travail de rue, l'accompagne d'une réflexion sur la situation en ville.. Le relais social urbain a fait un travail d'enquête afin de déterminer les besoins en accueil de jour et de nuit à Tournai. On peut donc partir de ces travaux et élargir la réflexion à tous les acteurs de terrain, en réalisant de véritables états-généraux du social, comme on l'a déjà fait pour la culture. ECOLO a fait cette proposition à plusieurs reprises. Ce travail nécessitera l'aide d'experts extérieurs pour donner une méthode de travail et accompagner ceux qui s'engageront dans cette démarche.

Et l'analyse qu'on ferait chez nous pourrait aider d'autres villes à avancer vers des améliorations du vivre ensemble sur l'espace public car, après tout, la situation tournaisienne n'est pas si différente de la situation dans d'autres villes."