vendredi 5 mai 2017

Ce 3 mai à Tournai : débat démocratique et éructations calomnieuses ..

Le Collège communal a proposé ce 3 mai au conseil communal l'annulation d'un article du règlement de police qu'il avait lui-même initié en janvier dernier : l'arrestation administrative pour mendiants récidivistes, pour les personnes en possession de boissons alcoolisées en rue et celles qui laissent divaguer leur chien en rue sans laisse et muselière
Un débat intéressant s'en est suivi lors de la prise de position des différents groupes politiques.
Ayant été interpellée par une citoyenne tournaisienne, après les propos calomnieux de l'Echevin délégué à la fonction maïorale,  voilà la réponse  que je lui ai apportée au sujet de la position défendue par ECOLO.


« Madame,
   Monsieur,

permettez-moi de marquer mon accord total avec vos propos sur la dangerosité des chiens qui ne sont pas tenus en laisse sur l’espace public à Tournai.

Je ne suis pas restée inactive sur ce sujet. J'ai interpellé lors du conseil de police de juin 2016.

Je suis moi-même mamy de deux petits enfants et j’avais fait cette interpellation suite à un incident vécu avec ma petite fille; un chien se dirigeant en courant vers nous le long du chemin de halage alors que je promenais ma petite fille en poussette calmement.

Je pense que tous les propriétaires de chien doivent maîtriser leur animal et le maintenir en laisse et avec une muselière lorsqu’ils sont parmi les races dangereuses.

Il y a quelques années, j’avais d’ailleurs initié le débat au conseil communal sur l' obligation de mettre une muselière aux chiens dangereux sur l’espace public.    

Jusqu’à présent la police procède à  la confiscation du chien, en réclamant une amende pour le récupérer .Je suis totalement d'accord sur cette manière de procéder. Et je reste ouverte à la possibilité d’une confiscation définitive de chien menaçant et dangereux qu’on laisserait divaguer sur l’espace public. 

Il faut absolument faire respecter ce règlement .

Pourquoi ECOLO défend-il cette position radicale sur le sujet?   Parce qu’il y a atteinte à la sérénité publique et danger réel pour la vie de nos enfants et des personnes en général.  Non, nous ne sommes pas des partisans de l'impunité.

Mais les débats de janvier 2017 et de ce 3 mai 2017 au conseil communal,  ne portaient pas sur les chiens dangereux mais bien sur la mendicité.

Je vais vous éclairer le mieux possible sur ces débats bien qu'un débat soit toujours difficile à résumer, au risque d'oublier les nuances qui ont été exprimées.

En janvier dernier, L’Echevin délégué à la fonction maïorale,  a présenté au vote du conseil communal,  le projet d’utiliser  l’arrestation administrative contre les mendiants, dits récidivistes, c’est à dire les mendiants qui reviennent sur le parvis des commerces alors qu’ils en ont été chassés une première fois par les forces de l’ordre .

Il avait ajouté  l’arrestation administrative pour les personnes qui sont porteuses d'une boisson alcoolisée sur la voie publique et celles qui ne mettent pas de muselière ou de laisse à leur chien dangereux.  

Mais Il faut savoir que l’arrestation administrative est prévue par  la loi communale : les policiers peuvent arrêter pendant 12h une personne qui trouble l’ordre public par son comportement dangereux, notamment après abus d’alcool.  Les personnes laissant divaguer leur chien entrent aussi dans la catégorie de personnes qui troublent l’ordre public.  La police pourrait donc procéder à une arrestation administrative pour ces cas de troubles à l’ordre public , de mise en danger de la population. 

Personne, au sein du conseil communal, ou du conseil de police à Tournai, n’a jamais remis en cause l’utilisation de l’arrestation administrative pour assurer la sécurité de personnes qui se déplacent en rue.

En janvier dernier, le bourgmestre a proposé au conseil communal d’ajouter le fait de mendier sur le trottoir , aux abords des commerces notamment,  comme un trouble à l’ordre public qui pourrait amener ces personnes à être « mises au cachot pendant 12 heures ».

ECOLO s’y est opposé car nous estimions que c’était une atteinte à la dignité humaine et un effet d’annonce qui n’avait aucune efficacité.

Le commissaire avouait lui-même que cette mesure ne changerait rien : les personnes arrêtées administrativement reviendraient le lendemain. Commencerait alors un jeu de chat et de la souris avec la police.

Est-ce vraiment cela qui va améliorer la vie sur l’espace public à Tournai?  N’oublions pas que la police est là pour assurer la sécurité de la population et la protéger de tout danger.  Nous, écologistes, pensons que mendier sur la voie publique, n’est pas en soi une menace pour la population qui se déplace sur la voie publique.

Par contre, un mendiant menaçant, qui brandit un couteau ou menace un passant avec son chien, c’est une personne qui est en infraction avec la loi et qui doit être remise entre les mains de la police et de la justice.  C’est plus qu’un trouble de l’ordre public, c’est une menace grave pour  la sécurité de la population.

Il faut donc distinguer les situations et ne pas faire d’amalgame, et d’effet d’annonce, créer la confusion et renforcer ainsi la peur et la haine.

Les hommes et les femmes qui s’engagent en politique doivent prendre des mesures afin que tout le monde ait le droit de se déplacer en toute tranquillité dans les rues, les parcs, les gares, …..et s’assurer qu’une présence policière suffisante permette une intervention rapide lorsque la sécurité est menacée.

Quant à la mendicité et toute la misère qui existe dans notre société, c’est avant tout un problème social bien plus complexe qu’on n' éradique  pas en décrétant qu’un mendiant ira passer quelques heures dans un cachot.


C'est cette position que notre groupe politique a défendue lors des conseils communaux de janvier et mai 2017.


Ce mercredi, nous avons simplement demander de donner la priorité au travail de réflexion initié par le Relais social urbain , une structure publique dont la tâche essentielle est la prise en charge des personnes en grande précarité.

La mise en place de ce groupe de réflexion avec les acteurs de terrain du social à Tournai, avait été votée en janvier, en même temps que la décision d’arrêter administrativement les mendiants récidivistes.

Nous avons tout simplement demandé d’attendre les conclusions et les propositions de ce groupe de réflexion avant de proposer d’autres mesures coercitives.

C’est bien loin d’une position caricaturale demandant l’impunité pour tous sur l’espace public, je pense !

Quant au recours devant le Conseil d’Etat, il a été initié  par un collectif d’associations qui travaillent avec les gens dans la précarité. Ils ont basé leur recours sur l’illégalité pour le conseil communal d’ordonner une arrestation administrative.  Le Collège communal s’apercevant que le Conseil d'Etat leur donnerait raison,a simplement retiré le règlement qu’il avait proposé lui-même en janvier.
 
Le recours  n’a pas été initié par notre parti.  En tant que parti politique, nous utilisons le débat public au conseil communal pour exprimer notre position, parfois dans le même sens de la majorité, parfois contre elle  mais nous le faisons toujours dans le respect de la parole des uns et des autres.

C’est grâce au débat public respectueux des positions de chacun que la démocratie peut s’enrichir.

Comme le dit l’Echevin sur les réseaux sociaux, ce 3 mai est un mercredi noir pour la démocratie à Tournai parce que lui-même, qui détient une grande responsabilité politique dans sa ville, a souillé le débat public, a insulté des mandataires publics et des acteurs du social à Tournai.

Il a fait fi d’un débat intéressant qui s’est déroulé au sein du conseil communal en vomissant sa colère et sa haine .

Le débat était pourtant bien plus nuancé et plus riche que ses éructations calomnieuses. Le débat s’est d’ailleurs terminé, à chaque fois, par des votes tout aussi nuancés : un bon nombre de membres du groupe politique socialiste, se sont abstenus en janvier dernier et le groupe politique CDH s’est abstenu lors du conseil de ce 3 mai .

Voilà, je voulais vous apporter mon point de vue nuancé face à une position simpliste lancée un peu partout dans la presse et sur les réseaux sociaux par une personne qui devrait faire preuve de retenue et de dignité vu la fonction qu’elle occupe. »

 






samedi 29 avril 2017

A nos amis de France

 

Place à l'espoir

 

Au moment de se diriger vers l'été, après ces vacances de printemps trop vite passées, on ne peut que prendre un peu de recul sur ce monde qui tourne trop vite et malheureusement pas trop bien.

Pour preuve, la présence de Marine Le Pen au second tour des présidentielles françaises – difficile de ne pas en parler ces jours-ci. Plus que le fait lui-même, c'est la forme d'acceptation résignée qui entoure sa présence qui interpelle. A Madame Le Pen, il faut reconnaître une grande maestria à avoir « normalisé » la présence d'un parti d'extrême droite aux idées excluantes et aux propos racistes dans le chaos français.

Pour autant, l'indignation de 2002, comme celle de 1991 lors du succès du Vlaamse Block chez nous, est plus que jamais indispensable. Certes, la peur de l'autre s'est répandue, nourrie par les attentats à répétition. Mais le refus de « l'autre » et son exclusion ne sont en rien des solutions .

Nous, écologistes, voulons promouvoir une société ouverte, solidaire et fraternelle capable d'engendrer un avenir désirable. Les succès électoraux de nos partis frères en Autriche et en Hollande montrent que ce projet est fort et pertinent face à celui de l'extrême droite. Gageons que nos voisins français feront barrage à ce dernier avant de reprendre leurs combats pour des idées et des projets porteurs de progrès.

L'espoir, le vrai, n'est pas dans le repli à la Trump ou à la Le Pen. Celui-là n'est qu'une dangereuse illusion. Le saut dans un gouffre sans fin de haine. Ce n'est pas en ignorant les souffrances vécues par celles et ceux qui sont victimes depuis des années de la dérégulation économique et de la régression des protections sociales, ou en niant les périls écologiques qui se matérialisent (chute des nappes phréatiques ces dernières semaines) qu'on construira le renouveau démocratique nécessaire. Le déni n'est pas porteur de projet !
 
Zakia Kattabi et Patrick Dupriez co-présidents ECOLO 

lundi 24 avril 2017

Politique ou citoyen, quelle différence?

Même si le terrain politique est devenu glissant pour certains mandataires déviants,  les rendez-vous électoraux restent de grands moments de démocratie.  Les projets des candidats et candidates s'affrontent comme aujourd'hui en France.  En définitive,  ce sont nous tous(tes), citoyens et citoyennes, qui donnons l'orientation future de la société.




En vue du prochain rendez-vous électoral communal de  2018, les écologistes tournaisiens se mettent en marche pour défendre leur projet et présenter candidates et candidats qui le porteront. Voilà comment j'ai présenté mon engagement politique devant la presse :




Si des citoyens(es) s'engagent en politique, j'encouragerai toujours leur démarche que ce soit au sein du parti politique que j'ai choisi ou d'un autre parti ou mouvement politique démocratique.

La politique a besoin de renouvellement : de nouvelles têtes pour défendre de nouvelles idées et animer le débat politique, des personnes courageuses, prêtes à donner de leur temps, de leur énergie au service d'un projet démocratique.

Par contre, je ne partage pas du tout la vision caricaturale développée par ceux et celles qui veulent créer "des listes citoyennes".  Ils ne font que renforcer l'impression qu'en politique, "il y a les bons et les méchants" , "les purs et les corrompus".

Ce n'est pas honteux de choisir l'engagement politique, de se présenter devant les électeurs(trices) et défendre le projet qu'on veut porter lorsqu'on est élu.

Quand on choisit cet engagement, on le fait dans un parti politique existant ou dans un nouveau mouvement politique qu'on construit avec d'autres citoyen(ne)s. Mais c'est un vrai mouvement politique, pas un mouvement associatif ou citoyen.  Appelons un chat un chat!







mercredi 5 avril 2017

Ruinons les plans de Monsanto

Il y a quelques mois déjà que Bayer et Monsanto ont convolé en juste noces !


  Leur lune de miel pourrait se terminer en cauchemar mais pour eux  seulement!  Car pour nos enfants et nos petits-enfants, ce serait la promesse d'une terre plus vivable!

Sauvons notre terre des produits dangereux de Bayer- Monsanto!

Aujourd'hui, nous pouvons le faire !








Comme moi, n'hésitez pas, signez  cette pétition


Si un million de citoyens européens signent cette pétition officielle, l’ingrédient actif préféré de Monsanto, le glyphosate, pourrait être mis définitivement hors-jeu !

On a presque dépassé les 600.000 signataires, chaque voix est cruciale pour atteindre notre but ultime: interdire le pesticide préféré de Monsanto.



lundi 27 mars 2017

La sécurité des Tournaisien(ne)s : comment et à quel prix?

Le conseil communal de Tournai s'est prononcé hier sur le développement de la vidéosurveillance couplé au wifi urbain dans le centre-ville.
Aux yeux d'ECOLO, l'investissement est disproportionné par rapport aux problèmes d'insécurité dans notre ville.  Nous craignons que le budget qui y est consacré explose dans les prochaines années et empêche de développer d'autres politiques de sécurité notamment.

Voici l'intervention de notre groupe hier soir :


"Le Collège nous propose d'installer 75 caméras de surveillance dans le centre-ville, dans le périmètre dit festif et le parc communal.

Pour nous, les caméras forment un élément de la chaîne de la sécurité et ne doivent pas en être le chaînon essentiel. La police est avant tout composée de personnes formées à assurer la sécurité, qui peuvent être aidées dans leur mission par des outils techniques . La présence de caméras peut aider à la résolution d'enquêtes, c'est donc une aide intéressante pour les enquêteurs

L'investissement que vous nous proposez aujourd'hui est problématique pour le budget communal  :
     1,8 millions d'euros (ESTIMATION car le coût de la technologie augmente très rapidement) pour l'installation des caméras et points wifi
    maintenance  estimée à 50 000 jusqu'à 70 000 euros/an
    coût en personnel important mais pas chiffré aujourd'hui

Le poids pour le budget de la commune reste donc impressionnant mais incertain. Il  dépend notamment de l'installation d'un sytème de visualisation. Le coût a été estimé en tenant compte de l'installation de celui-ci dans le commissariat actuel ou à l'hôtel de ville mais pas dans le nouveau commissariat prévu par le conseil de police. Avez-vous réalisé une telle estimation aujourd'hui  ? Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet  ?

Le coût global ne précise pas non plus si le système de visualisation se déroulera 24h/24 et combien de personnes y seront affectées en fonction de ce choix .

Toutes ces incertitudes nous font craindre une explosion de ce budget entièrement à charge de la Ville de Tournai.

Les caméras sur l'espace public peuvent jouer un rôle de dissuasion mais de manière limitée : nous savons que les délinquants adaptent leur comportement à la présence de caméras et que la criminalité se déplace lorsque des caméras de surveillance sont installées en ville.

Nous restons sceptiques face à cet important déploiement.  Au vu du déplacement possible des actes criminels, il faudra en augmenter le nombre assez vite et le budget risque d'exploser.

 En 2013 ,lorsque le conseil a commandé l'étude de faisabilité à Tournai., le groupe ECOLO s'est abstenu car nous restons très réticents à la présence de caméras partout, qui contrôlent tous les déplacements sur l'espace public. La réflexion de notre groupe nous amène à ne pas défendre aujourd'hui une position idéologique pure et dure : NON à l'atteinte de notre vie privée par l'installation de caméras qui pistent les citoyen(ne)s partout et tout le temps. A l'heure d'internet, des réseaux sociaux, notre vie privée est bien souvent mise à mal .


Quelques caméras fixes à des endroits ciblés en fonction d'actes délictueux importants   (bagarres, coups et blessures, vandalisme) nous semblent convenir à une ville comme Tournai.  Comme disaient nos anciens maïeurs, Roger Delcroix et Christian Massy, «  Tournai n'est quand même pas Chicago  » Ce dispositif pourrait être renforcé, comme le préconise le commissaire divisionnaire, par quelques caméras mobiles utilisées en cas d'événements exceptionnels ou dans les quartiers non couverts par les caméras où se développent des comportements délictueux.

Quant au réseau wifi couplé au réseau de caméras, ECOLO a insisté à deux reprises sur le caractère dépassé du wifi urbain: les gens qui circulent en ville utilisent en grande majorité le réseau 3G et 4G pour se connecter.   Quelques points de wifi gratuits à l'intérieur de bâtiments publics répondent mieux aux besoins des utilisateurs.

Quant à l'investissement dans un système de visualisation en direct, il nous semble largement exagéré dans une ville moyenne comme la nôtre. Non seulement, pister tout le monde, tout le temps, reste une atteinte à la vie privée. Mais, en plus, est-ce vraiment efficace? Il faut que l'intervention soit rapide sur le terrain. En  avons-nous les moyens?   NON, il faudrait engager un nombre important de personnes pour le centre de visualisation et multiplier les équipes mobiles de policiers d'intervention, notamment durant la nuit et le we pour réagir très vite.

Nous nous interrogeons également sur les possibilités d'extension du système,évoquées dans votre note  : aide à la détection de problèmes d'éclairage ou de signalisation déficiente, d'incivilités comme les déjections canines, les sacs poubelles  : cela fait un peu gadget technologique  !

Nous sommes aussi étonnés que vous préconisiez la visualisation par caméras pour contrecarrer le parking en infraction en ville  . Nos policiers de quartier et  agents constatateurs attendent-ils le déploiement des caméras pour agir  ? Pour ECOLO, ce n'est pas acceptable.

Quant à l'aide à la gestion du trafic automobile, n'est-ce pas aussi un peu exagéré dans une ville moyenne comme la nôtre  ? . Tournai, c'est un boulevard de ceinture saturé aux heures de pointe et quelques radiales qui viennent s'y accrocher . Si vous mettez très vite en oeuvre, le plan de mobilité, ces problèmes se résoudront, notamment, par l'encouragement à l'utilisation d'autres modes de transport.

Au vu de tous ces éléments, nous préconisons que Tournai se dote d'un réseau bien pensé mais limité de caméras urbaines fixes et de quelques caméras mobiles et non d'un système de visualisation en direct, qui ferait exploser le budget «  sécurité  » , sans pour cela être réellement efficace. Ce budget épargné pourrait être efficacement affecté à des emplois de proximité utiles au vivre ensemble dans la cité.

Nous préférons qu'on déploie plus d'agents dans les quartiers pour diminuer les problèmes d'incivilité et les  comportements problématiques  : des agents qui doivent être présents sur le terrain, proches des habitants et non occupés à des tâches administratives.

La position écologiste est partagée, par la maire socialiste, de la grande Ville, de l'Eurométropole  :   : «  Martine Aubry rappelle son credo  : «   Rien ne remplace la présence policière au contact direct de la délinquance.  » Elle en veut pour preuve «   l’absence d’efficacité probante de la vidéosurveillance sur le secteur de la rue Jules-Guesde   », à Wazemmes. Un sévère bilan pour ces huit caméras installées depuis un an.  »  Extrait de La Voix du Nord du 26 mars 2017)

A côté de ces agents de police, le déploiement d'éducateurs de rue, et le renforcement d'autres dispositifs sociaux amélioreraient aussi grandement le bien-être dans les quartiers urbains "








dimanche 12 mars 2017

Fête de l'APIC, Tournai fête sa ruralité

L'APIC, c'est quoi ça?  Une association de villageois de Marquain, Blandain, Lamain, Hertain qui veulent faire vivre l'esprit de la vie rurale et protéger les paysages ruraux dans les villages de l'entité tournaisienne.

La fête de l'APIC, cette année, c'est aussi la fête du retour du printemps.

Tournai a souvent oublié qu'elle était une grande commune rurale, en mettant l'accent surtout sur la ville et son riche patrimoine.



L'entrée dans le parc naturel des plaines de l'Escaut peut marquer un changement de vision des responsables politiques tournaisiens face à sa composante rurale.  La Ville invite les habitants à venir donner leur vision de la vie rurale, profitez-en pour donner votre avis!












Alors, oui, l'APIC a raison de fêter l'arrivée du printemps dans les villages et de rappeler que Tournai est une riche et magnifique commune rurale.








jeudi 9 mars 2017

Intercommunales, stop ou encore?

Faut-il supprimer les intercommunales ou les réformer?  On peut se poser la question aujourd'hui au vu des scandales qui éclatent un peu partout.

"Intercommunaliser "n'est pas scandaleux en soi, bien au contraire, c'est plutôt le signe d'une réelle vision du développement économique et social, au-delà des frontières d'une commune(pour les intercommunales de développement économique). C'est aussi le signe d'une bonne gestion par des investissements intelligents pour améliorer le service au public (hôpitaux, stations d'épuration, distribution d'eau, d'électricité;..)

Alors, comment expliquer les dérives dans la gestion d'intercommunales?

Parce que les élus , qui devraient se préoccuper uniquement de l'intérêt général, ont confondu celui-ci avec l'intérêt de leurs électeurs, de leur parti, et aussi Leur intérêt propre.


Le réflexe sous-localiste refait très vite surface.  De mon expérience au conseil d'administration  d'IDETA,  j'ai constaté que la plupart des élus communaux viennent y défendre, l'un sa zone industrielle, l'autre son port fluvial et le troisième sa grand-place.  Les élus administrateurs veulent partager "le gâteau" des subventions européennes et wallonnes et non réaliser des projets ayant une vision supracommunale, tenant compte des atouts de leur région.

C'est malheureusement fréquent dans les  sociétés publiques où des élus locaux sont administrateurs :  ils ne parviennent pas à s'extraire de leur localité. Ils pensent à leur commune, et surtout à leurs électeurs. La ligne d'horizon pour beaucoup d'élus communaux, c'est la prochaine échéance électorale : le développement durable des élus compte plus à leurs yeux que celui de leur région !

Une autre raison erronée d'adhérer à une intercommunale est la recherche à tout prix d'un retour financier pour la commune, souvent sous forme de dividendes. On mutualise les investissements pour le bien public mais, paradoxalement, on recherche surtout des dividendes pour la caisse communale. Cela n'a pas de sens : les intercommunales ne sont pas des sociétés de placements financiers pour la caisse communale.  Pour répondre à la demande des communes, les intercommunales se lancent dans des placements aventureux afin d'obtenir un rendement purement financier, qui n'est pas nécessairement en accord avec la défense du service public  (comme l'a fait Publifin notamment mais aussi Ideta en Wallonie Picarde).

Les intercommunales, comme beaucoup d'entreprises publiques, sont des places fortes occupées par les partis traditionnels afin de "se partager" les postes à responsabilités. Dans ces citadelles, les partis peuvent "recaser" ceux qui n'ont pas réussi l'examen "devant l'électeur" lors d'une rencontre électorale. : un député non réélu, un ami politique qui "a laissé sa place" et reçoit en compensation une présidence d'intercommunale.  Les partis traditionnels "gardent au chaud" quelques postes d'administrateurs, de présidents,  de vice-présidents, de présidents de secteur,  pour partager le gâteau des rémunérations liées à ces postes. Et  n'oublions pas les postes d'experts dévolus aux anciens présidents après qu'ils aient laissé leur place aux plus jeunes!

Ce sont les principales dérives qui détournent les intercommunales des objectifs louables pour lesquels elles ont été créées.

Alors, non, je ne suis pas surprise des excès dénoncés aujourd'hui, qui vont  jusqu'à payer des personnes à ne rien faire. Quand on s'éloigne à ce point des objectifs fondateurs, on peut s'attendre à ce que le navire prenne un tout autre cap, loin de l'intérêt public : les capitaines aux commandes ayant totalement oublié leur mission initiale.

Quand ECOLO était à la manœuvre au niveau régional (entre 1999 et 2004 et entre 2009 et 2014),  j'ai fait partie d'un groupe de travail qui réfléchissait à redessiner le paysage  intercommunal wallon : créer des communautés de commune (en lieu et place des provinces), remplacer les intercommunales de développement économique par des agences de développement régional , mener une politique de la distribution d'énergie , d'épuration de l'eau, de gestion des déchets au niveau de la région wallonne....

Toutes ces réflexions prennent la poussière dans les armoires écologistes car les autres partis politiques n'étaient pas prêts à mener cette réflexion qui remet en cause le fonctionnement des intercommunales.

Mais le sont-ils aujourd'hui?  Je le souhaite vivement mais je n'en suis pas certaine.  Oui, ils reverront ces rémunérations scandaleuses mais à part cela, va-t-on vraiment vers une réforme en profondeur de la gestion et des politiques menées en Région Wallonnes?
N'ont-ils pas simplement l'intention de laisser passer l'orage avant de reprendre les bonnes vieilles mauvaises habitudes de gestion? Nous le saurons dans quelques mois.