mardi 24 novembre 2015

NON au plan de mobilité de Tournai!

Cela en a surpris plus d'un hier au conseil communal de Tournai!

Le groupe Ecolo a dit NON au plan de mobilité qui nous était proposé par la majorité.

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Visiblement, notre position n'était pas bien comprise. Certains ont même qualifié notre vision de "totalitaire". Une fois de plus, on n'est pas loin de parler des "khmers verts" quand les écologistes défendent une position ferme, opposée "à une verdurisation" de façade, comme le font souvent  d'autres partis politiques.

Les investissements induits par le plan de mobilité à Tournai, comme ailleurs, doivent répondre aux maux endémiques des villes d'aujourd'hui: tout d'abord, l'engorgement du trafic, mais aussi les maladies qui rongent notre milieu de vie (augmentation de gaz à effet de serre, augmentation des particules fines dans l'air) et qui amènent des problèmes de santé de plus en plus visibles au sein de la population.

C'est d'ailleurs un objectif que s'était assigné le Collège communal en développant ce plan de mobilité Je cite : ":Dans sa Déclaration de politique communale, la majorité a exprimé sa volonté d’adapter le plan de mobilité pour protéger l’environnement et la santé, sécuriser des usagers tout en permettant le développement économique. Aujourd’hui, privilégier la mobilité douce devient une préoccupation d’un nombre de plus en plus important d’usagers.."

Or, le plan de mobilité d'aujourd'hui est bien moins volontariste pour diminuer la pression automobile et reporter les déplacements vers les modes doux et le transport public que ne l'était le premier plan de mobilité de Tournai  voté à l'unanimité du conseil communal en 2004.




C'est la raison majeure qui nous a amené à rejeter le plan de mobilité concocté par la majorité actuelle.  Ce plan pourrait s'intituler  simplement:" gestion de l'augmentation des flux automobiles à Tournai ".  C'est d'ailleurs à ce cahier des charges qu'a répondu la société TRANSITEC : la majorité lui demandait de tenir compte de l'augmentation du trafic liée à l'ouverture prochaine du nouvel hôpital, de l'extension des la zone commerciale des Bastions, de l'arrivée de la faculté d'architecture en ville.

A partir de ce constat, on va augmenter le nombre de feux de signalisation sur les boulevards, prévoir de nouveaux sens de circulation.  Dans cet enchevêtrement de petits changements de circulation, deux mesures nous paraissent intéressantes. La mise à sens unique de la Grand Place du Beffroi jusqu'à la voirie centrale : cela permettra de diminuer le trafic de transit en centre-ville.  La seconde mesure est la sécurisation des carrefours d'entrée en ville pour les cyclistes et piétons.

Mais le gros point noir qui n'est soulevé nulle part par ce plan est le manque criant de bus pour relier nos villages, ce qui oblige un nombre toujours croissant d'habitants de se déplacer en voiture pour venir travailler, étudier, faire les emplettes, faire du sport, aller au spectacle...  NON, les écologistes ne sont pas totalitaires et ne veulent pas imposer aux Tournaisien(ne)s de renoncer à leur voiture.  Ils constatent simplement que ceux et celles qui voudraient se passer de leur automobile pour se déplacer n'ont souvent pas le choix et sont contraints de reprendre le volant.  Se déplacer à vélo ou en cyclomoteur reste souvent périlleux car les grands axes de pénétration en ville présentent, tous, des portions très dangereuses.  Et nous comprenons très bien les parents qui refusent d'envoyer leurs enfants à vélo à l'école.

Les améliorations en matière de sécurité pour les deux-roux seront notables sur les boulevards et à l'intérieur de la ville mais très peu d'améliorations sont prévues sur les routes qui arrivent en ville.

Aujourd'hui, tout le monde s'accorde pour dire qu'il est temps de réaliser un report des déplacements en voiture vers les modes doux et vers les transports en commun car l'engorgement en ville est non seulement néfaste pour notre environnement et notre santé mais a un coût économique certain.

Pour nous, écologistes, il est incompréhensible de prévoir des investissements de mobilité pour les 20 prochaines années, sans mettre en évidence des investissements dans les transports en commun.

D'autres villes le font en Belgique, comme Namur, Brugge, Gent, Hasselt, Liège : on instaure des navettes de bus  à l'intérieur des villes et des bus plus nombreux vers les villages ou même des trams.  A Tournai, on nous a répondu hier au conseil communal, que les transports en commun ce n'était pas l'affaire de notre commune mais du TEC et que celui-ci n'avait pas de moyens pour changer sa politique à Tournai.

Alors, OUI, le plan de mobilité va gérer de flux automobiles en augmentation, puisque les alternatives à la voiture resteront dans les limbes à Tournai. Et ce n'est pas certain que l'engorgement diminuera à court et à moyen terme.

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