dimanche 30 janvier 2011

Les jeunes se réveillent-ils ?




OUF ! Ils ont retrouvé le goût de se révolter, en Belgique, en Tunisie, en Egypte. Les situations ne sont évidemment pas comparables mais ici et là les slogans sont constructifs. En Belgique, ils demandent qu'une solution soit trouvée et vite. A première vue, ce message est plutôt simpliste. Quand on les écoute, on ressent une volonté d'être actifs pour trouver une solution pacifique et négociée.

En Tunisie, un jeune martyre déclenche une révolte pacifique et digne de tout un peuple contre la misère, la corruption un peu comme en 68 à Prague où un jeune s'était aussi immolé pour la liberté de son pays. Malheureusement, la comparaison s'arrête là car à Prague, le rouleau compresseur soviétique était encore trop fort à l'époque . Pourtant, l'histoire ne s'est pas arrêtée là et c'est un leader de la dissidence Tchèque, Vaclav Havel, qui a mené le pays vers la démocratie 20 ans plus tard.

Les Tunisiens ont tenu bon malgré les promesses d'un président déboussolé par la force d'un peuple en marche : ils continuent à réclamer un régime démocratique solide.

D'autres jeunes se sont donné la mort dans des pays voisins de la Tunisie, dont l'Algérie et le Yémen. Mais c'est l'Egypte, le pays le plus peuplé de la région, qui se réveille, alors que l'état d'urgence est décrété depuis plus de 20 ans. Les manifestants forcent notre admiration car ils exigent, eux aussi, le départ d'un dictateur corrompu au prix de leur vie.


En Belgique, personne n'est en danger de mort en manifestant dans la rue. Alors, il est temps qu'on réclame tous que l'on s'occupe des vrais problèmes : la pauvreté qui s'amplifie malgré une reprise de croissance économique, le mal-être croissant de nombreux jeunes qui ne se reconnaissent plus dans une société de surconsommation.

En écoutant les messages de la rue dans les villes du Sud, nous nous souviendrons peut-être que nous nous sommes battus en Europe pour les mêmes valeurs, dans les années 40 en Europe de l'Ouest, dans les années 80 en Europe de l'Est. Le message brouillé des dirigeants européens face à ces peuples qui crient leur misère est le reflet de notre peur de perdre le confort qui nous a endormis. Le nationalisme flamand et d'autres en Europe ne sont qu'une traduction politique de notre égoïsme actuel.

Alors, les jeunes qui se réveillent, c'est rafraîchissant, c'est réjouissant au Nord comme au Sud.