dimanche 25 janvier 2015

Cela se passe à Tournai, au far west wallon....

L'Echevin tournaisien à la fonction maïorale  nous annonce aujourd'hui que le festival Ramdam reprend  après  une réévaluation des risques.

Je ne m'aventure pas à commenter le fond de cette affaire puisque je n'ai aucune connaissance du risque réel et des moyens dont disposait ou ne disposait pas l'autorité  policière pour assurer la sécurité de la population.

Par contre, en matière de communication, le "bourgmestre-shériff" a beaucoup à apprendre !  Il assume ses propos, répète-t-il régulièrement mais a-t-il compris à quel point ses propos ternissent l'image de notre ville. Il devient l'as de la communication controversée. Le mois dernier, Mr Delannois annonce qu'il sanctionnera les injures proférées sur facebook envers les élus et le personnel communal.  Il se ravise ensuite et annonce que toute injure sur facebook fera l'objet d'une sanction administrative dans sa ville.  Cette annonce fait l'objet de commentaires sur tous les médias du Royaume et même hors frontières,  avec un brin de moquerie ou en dénonçant avec force cette mesure simpliste et inadaptée.

Aujourd'hui aussi, beaucoup d'interrogations face à la  communication de crise, "assumée" comme toujours par le shérif. Jeudi soir, Mr Delannois affirme disposer d'informations judiciaires l'obligeant à prendre des mesures de sécurité.  Après avoir fait évacuer le site, il annonce presque tout de suite  que le complexe cinématographique sera complètement fermé pour toute la durée du festival. 

  La population tournaisienne s'interroge   :

 Le complexe Imagix est-il le seul lieu dangereux à Tournai? 
 D'autres cibles sont-elles pointées du doigt?
 La mesure radicale prise par l'autorité communale est-elle indispensable?
 La Ville de Tournai a-t-elle les moyens pour protéger sa population contre un tel risque?  


Gestion de crise à Amsterdam





Or, la gestion de crise, c'est d'abord une grande maîtrise de la communication, une communication vraie (même si on ne peut pas tout dire). Il faut vraiment aider les gens à comprendre ce qui se passe et les tenir au courant de l'évolution de la situation.

(ci-contre et ci-dessous une communication de crise en Hollande suite à une alerte sur la vente d'une drogue dangereuse pour la santé)

Communication de crise à la Hollandaise















Dans la crise actuelle, on peut s'interroger sur la politique de communication de l'Echevin . Il aurait pu annoncer une fermeture pour 24h avec évaluation au bout de ces 24h.  Il aurait pu communiquer de manière plus complète  sur la réalité de la situation et sur son évolution.

Aujourd'hui, le festival reprend du service à notre grande joie mais Mr Delannois n'a pas été plus clair dans sa communication ce matin :

"L'enquête s'est poursuivie et ce samedi 24 janvier en soirée, de nouveaux éléments d'information ont été communiqués. Les autorités administratives et judiciaires se sont réunies en urgence ce dimanche 25 janvier. Elles ont pris connaissance de ces nouveaux éléments. Ceux-ci permettent de revoir sensiblement le niveau de risque qui est alors ramené au même niveau que celui fixé pour l'ensemble de la Belgique conformément à l'analyse réalisée par l'OCAN. Les autorités ont dès lors décidé d'autoriser la réouverture du site tout en continuant à en assurer une surveillance. L'enquête se poursuit."

  Mr Delannois n'a certainement pas sécurisé les Tournaisiens par sa gestion de crise calamiteuse.  Il a plutôt contribué au développement du sentiment d'insécurité  auprès d'une population déjà inquiète suite aux événements de ce début d'année. 

En tant que conseillère communale et conseillère de police, j'interrogerai le bourgmestre à ce sujet car la sécurité est un problème crucial qui préoccupe toute citoyenne et tout citoyen.

dimanche 11 janvier 2015

La liberté d'expression, pour tous, partout

Aujourd'hui, je suis en pensée avec celles et ceux qui marcheront à Paris.

Aujourd'hui, les dirigeants politiques ont raison de marcher pour rappeler que la liberté d'expression doit être préservée.

Aujourd'hui, j'ai un rêve.   Les dirigeants politiques présents à Paris ou non prennent l'engagement de défendre celles et ceux qui se lèvent pour plus de démocratie, dans tous les pays de notre village-monde.

Lors du  printemps arabe, en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Lybie, des femmes et des hommes se sont levés et ont fait fuir des dictateurs. Sont-ils encore soutenus par nos dirigeants?

A l'automne dernier, des jeunes ont occupé la rue à Hong Kong réclamant simplement un peu de démocratie en Chine.  Ont-ils été entendus?  Sont-ils soutenus?

Aujourd'hui, des citoyens dans de nombreux pays, se lèvent contre des dictateurs et réclament plus de liberté.  Ils vivent dans la peur, non pas de bandes de fous mais d'Etats fous !

Osons  dénoncer aussi ces Etats fous qui tuent et écrasent tout désir de liberté.




http://www.amnesty.be/doc/s-informer/actualites-2/article/zero-minute-de-silence-personne-ne




dimanche 4 janvier 2015

Tous à l'amende !

Mr Delannois, bourgmestre ff de Tournai, mettra à l'amende tous les internautes qui profèrent des injures.  Il affirme aujourd'hui que ce ce sera une priorité du Collège pour 2015.

Pour bien comprendre les amendes en question, replongeons-nous quelques mois plus tôt.

Le conseil communal a voté le 9 décembre 2013  l'application dans son règlement de police de la nouvelle loi étendant les sanctions administratives communales aux infractions dites mixtes relevant du code pénal (injures, vols simples, coups... ).  Seul ECOLO s'est opposé à ce dispositif.  Par ma voix,  ECOLO dénonçait  les dérives possibles de sanctions administratives communales (dites SAC) appliquées aux infrations mixtes (en suivant ce lien, vous retrouverez les arguments développés par les différents partis lors du débat du conseil communal de l'époque, p27 à 32 du PV du CC du 9 décembre 2013.)

Aujourd'hui, nous assistons à une première dérive de l'application des SAC à Tournai. D'après le Bourgmestre, ce sont les agents "constatateurs" communaux qui constateront les propos injurieux et c'est le fonctionnaire sanctionnateur qui décidera d'appliquer l'amende administrative.  Mais qui distinguera un propos injurieux d'un autre?  Sur quelle base le fonctionnaire sanctionnateur décidera-t-il d'appliquer l'amende ou pas?  Le fonctionnaire sanctionnateur, qui n'est autre que le directeur général de la commune (anciennement appelé secrétaire communal), est-il vraiment indépendant? Il est désigné par le conseil communal, évalué par le Collège communal, et peut être sanctionné par celui-ci ou par le Conseil Communal comme tout autre fonctionnaire communal.

Un exemple vécu :

En mai 2014,  Mr Delannois, lui-même, adressait,  à l'encontre des élus écolos, des propos qui flirtaient avec les limites de l'expression politique et de l'injure.  Jugez vous-mêmes : "ECOLO au pouvoir, c'est Père Ubu à la barre d'un navire sans gouvernail"(...) "Redescendez de votre arbre idéologique et fondamentaliste" (...) Comment Mr Delannois réagirait-il aujourd'hui si je tenais de tels propos en public à son égard?  Ces propos, par leur outrance, faisaient plutôt sourire. C'est pourquoi, les écologistes tournaisiens, rappellent régulièrement qu'ils ne mangent pas que des bananes et ne vivent pas dans les arbres!

Les propos injurieux sont inadmissibles.  Pourtant, ils sont réguliers sur les réseaux sociaux. Ceux-ci servent de défouloir à ceux qui entendent critiquer tout et tout le monde mais n'apportent que rarement des propositions constructives. Mais une  amende administrative changera-t-elle l'état d'esprit de ces internautes-là?   A mes yeux, c'est totalement inutile. Il vaut mieux tout d'abord en appeler aux modérateurs de débat dans les groupes et forums de discussion, prendre un peu de hauteur en rappelant l'importance du débat d'idées.  Les élus et les fonctionnaires sont des cibles faciles pour les "critiqueurs professionnels" : c'est bien connu! Mais un peu d'humour, un peu de recul, permettent souvent de ramener le débat à de plus justes proportions.