samedi 21 septembre 2013

Non au retour des concours minimiss à Tournai !




"Les dépenses en faveur d'associations actives dans le milieu de la jeunesse permettront de favoriser le développement d'une citoyenneté critique, active et responsable chez les jeunes, de défendre les intérêts des enfants et leur droit à l'éducation, de sensibiliser les parents à leur rôle d'éducateur et de les aider à gérer la scolarité de leur enfant."

Extrait du PV du conseil communal du 2 mai 2011 : point 33 sur l'octroi de subsides aux associations locales.
S'appuyant sur ce beau discours, le Conseil Communal, presque unanime,  acceptait ce jour-là la proposition du Collège d'octroyer 5000 euros à l'ASBL ORGAMISS organisatrice de concours minimiss pour les fillettes et jeunes filles de moins de 16 ans. Seuls, les écologistes s'y sont fermement opposés.



En 2010 déjà, la Ville avait soutenu financièrement cette organisation.   ECOLO était profondément indigné du soutien octroyé par un pouvoir public à un événement à but commercial qui met en avant l'épanouissement des fillettes par un concours de miss. L'échevin de la Jeunesse, Philippe ROBERT défendait le caractère pédagogique du concours : "Elles apprennent à maîtriser leur stress, à se présenter en public, c'est un apprentissage éducatif". Cet argument a convaincu ECOLO qu'il était temps de se mobiliser.


Brochure "Minimiss, un jeu d'enfant ?", 
publiée par les organisations tournaisiennes en 2010.
A Tournai, les femmes ECOLO ont pris contact avec des associations de terrain. Les Femmes Prévoyantes Socialistes et les Femmes solidaires contre la violence sont immédiatement partantes ainsi que Vie Féminine et la Ligue des Familles.  Nous avons également associé à notre plateforme Canal J et le Conseil d'Arrondissement de l'Aide à la Jeunesse. Bien avant tout battage médiatique, cette plateforme a mené une réflexion et des actions sur le sujet : publication d'une brochure ("Minimiss, un jeu d'enfant ?") et organisation d'un colloque.

Pourquoi la participation à de tels concours est-elle nocive pour les fillettes ? Lors de ce colloque, un pédopsychiatre nous explique qu'il rencontre de jeunes patientes traumatisées par leur physique qui ne correspond pas à la norme de minceur édictée par notre société. Ne pas gagner un tel concours est considéré par ces fillettes comme un échec cuisant. Elles se sentent dévalorisées, nulles aux yeux de leurs parents. Nous devons laisser les enfants vivre leur enfance, en-dehors de cette hypersexualisation et des jeux de séduction. 
ECOLO et les associations mobilisées ont rencontré les autorités communales et les organisateurs en présentant ces arguments. Malheureusement, nous n'avons pas été écoutés. En  2011 et 2012, la Ville confirme son soutien financier au concours minimiss organisé sur son territoire.

En 2013, les organisateurs tournaisiens décident de supprimer ce concours minimiss !  C'est une victoire. Le concours Miss Tournai est actuellement réservé à des jeunes filles de 18 ans et plus.

A Tournai, les écologistes et les associations ont suscité le débat sur ces concours. Aujourd'hui, rassurés par la décision d'ORGAMISS de supprimer le concours, nous le sommes beaucoup moins par les  récentes déclarations de l'organisateur de concours minimiss en France. Vu l'interdiction d'organiser ces concours sur le territoire français, il traversera simplement la frontière vers la Belgique, affirme-t-il.

De par sa position de "ville-frontière", Tournai sera sans doute sollicitée. Nous demandons une réponse négative  ferme de la Ville face à toute tentative d'organiser les concours français sur le territoire de notre commune et nous serons très vigilants à ce sujet.








lundi 2 septembre 2013

Un beau sujet, un grand débat... le revenu de base pour tous

Ce samedi, lors des rencontres écologiques d'été, j'ai participé à un atelier sur ce sujet passionnant.  Nous avons rappelé les luttes pour obtenir des droits sociaux,  les acquis sociaux déjà perdus ou menacés..et nous avons tracé  des perspectives d'avenir pour une société plus égalitaire, et moins contrôlante : le revenu de base ou allocation universelle était au centre des débats.





Des jeunes à ECOLO , défendent l'initiative citoyenne européenne en faveur du revenu de base .

C'est quoi ça? Des citoyens européens demandent à la Commission  de se saisir de l'idée et de mener la réflexion sur sa faisabilité : il faut être au moins un million d' Européens à exiger ce débat pour qu'il ait lieu!

Le revenu de base ou allocation universelle avait ravi quelques penseurs, philosophes, économistes, il y a 20 ou 30 ans. Cette idée resurgit depuis quelques années et des études sérieuses se penchent sur la possibilité  de sa mise en oeuvre dans certains pays.

Pourquoi y réfléchir aujourd'hui?  Parce que les piliers de la vie économique et sociale se sont profondément transformés en Europe depuis les années 70. Les avancées technologiques diminuent le nombre d'emplois disponibles. Les systèmes de sécurité sociale vacillent dans les pays les plus solides.  Le nombre de travailleurs actifs diminue pendant que le  nombre de retraités augmente.   Les jeunes trouvent difficilement une place dans une société en mutation et rêvent à des projets simples ou novateurs mais impossibles à mettre en oeuvre, faute de soutien des organismes financiers privés ou publics.

Militer pour un revenu de base en Europe, c'est découvrir une autre manière de vivre en société... mais les gens sont-ils prêts pour ce changement?

Le débat est animé ce samedi entre "les pour" et "les contre". Mais il est  rassurant aussi car "les pour" et "les contre" se rejoignent sur les points fondamentaux :  refuser un revenu de base qui serait le contrepoids  de  pertes de "bien-être social" en matière de soins de santé, d'assurance chômage, de pensions pour tous.  Toutes et tous, les "pour" et les "contre", nous fourbissons nos armes pour défendre à nouveau  la diminution généralisée du temps de travail, idée généreuse et réaliste face au chômage galopant.  Pourtant, ce combat-là nous avait laissés  sans voix, accablés par le discours dominant "du travailler plus pour gagner plus", imposé par l'ultra libéralisme.


Militer pour cette nouvelle forme de solidarité  ouvre des portes aujourd'hui mais exige une réflexion approfondie de la part d'économistes, de sociologues, et un vrai dialogue avec les syndicats, les partis politiques, les représentants de la société civile pour que cette belle idée ne devienne pas un piège.

Enfin de quoi occuper les longues soirées d'hiver!